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petites   histoires   et  grande  histoire

 

 

8- Hesse , terre  d ' Empire

 

 

          L'histoire mouvementée du « Regnum Francorum » rend plutôt difficile la tâche de retracer les structures territoriales sans cesse modifiées. A la fin de l'époque mérovingienne, le royaume des Francs était divisé en six provinces : la Neustrie, l'Austrasie, la Burgondie, l'Aquitaine, la Provence et la Septimanie, autour de Narbonne. « La structure interne de ces territoires est caractérisée par une division en pagi (pays) et comitatus (comtés), lesquels sont eux-mêmes sans cesse modifiés. Ce qui est décisif est cependant que cette structure territoriale a posé les bases tant des fiefs moyenâgeux que des sous-divisions administratives ultérieures qui ont continué à exister pendant des siècles en tant qu'unités territoriales politiques ou religieuses. »[dans « Manuel de géographie historique de la France » / A. et L. Mirot]

 


 


Le royaume des Francs à l'époque de Charles Martel

 



          Le maire d
u palais Charles Martel fut duc d'Austrasie de 717 à 741 et souverain de facto du royaume des Francs. Bien que n'ayant jamais obtenu le titre de roi, ce haut fonctionnaire est considéré comme étant le fondateur de la lignée des Carolingiens, princes francs qui succédèrent aux Mérovingiens. A sa mort en 741, ses fils Pépin et Carloman devinrent maires du palais en Neustrie et en Austrasie. En 751, Pépin, qui fut surnommé « le Bref » du fait de sa petite taille, déposa le dernier roi mérovingien Childéric III et se fit élire roi par une assemblée d'évêques et de nobles, avec l'assentiment du pape Zacharie, qui justifia cet acte au motif que « devait être roi celui qui exerçait la réalité du pouvoir ».
          Pépin le Bref sera sacré roi des Francs en 754, devenant le premier souverain de France à recevoir l'onction du sacre par le pape Etienne II. Les deux fils de Pépin, Carloman et Charles, le futur Charlemagne, furent eux-mêmes sacrés rois des Francs en même temps que leur père, en la basilique Saint-Denis proche de Paris. Pendant le millénaire qui va suivre, tous les souverains de France se réclameront de cette cérémonie et se feront sacrer à leur avènement selon le même rituel. Ce sacre pontifical fut un acte « donnant-donnant » qui marqua le début de « l'alliance du sabre et du goupillon », le goupillon étant l'instrument avec lequel le clergé asperge les chrétiens d'eau bénite. Le sacre de Pépin le Bref fut en effet une intervention directe du Saint-Siège dans les affaires dynastiques des Francs, principal peuple d'Occident, en remerciement de la reconnaissance par le roi des Francs de la pleine souveraineté papale sur les principales villes de l'Italie centrale et la région de Rome. Ce « patrimoine de Saint Pierre », domaine foncier, sera le noyau des futurs états pontificaux qui formeront « la civitas Vaticana », l'Etat de la cité du Vatican. Devenant ainsi le souverain séculier d'un vaste territoire, l'évêque de Rome se démarquera par la suite des autres évêques et deviendra le chef de l'église d'Occident. [renseignements tirés en partie du site web « herodote.net » / Histoire / Le haut Moyen Age]


 

Charlemagne - Les  Carolingiens

 


          Sous les règnes des fils et des petit-fils de Pépin le Bref, le « Regnum Francorum » prit une telle extension qu'on ne peut en entreprendre l'histoire en quelques lignes, aussi ne retiendrons-nous de ces règnes que l'essentiel : ce fut un empire immense bien que relativement éphémère, dont la force franque fut le vrai ressort, et qui éclata en plusieurs états à la suite des nombreux partages successoraux entre les héritiers de l'empereur d'Occident Carolus Magnus, Karl der Grosse pour les Allemands, Charlemagne pour les Français.



 

 

L'empire franc en 814

 



Portrait   de  Charlemagne



          La « Vie de Charlemagne » fut composée par son contemporain Eginhard. Il faut prendre connaissance du portrait que ce proche conseiller fit de son empereur Charles pour avoir une idée un peu plus précise de l'homme qui ne fut ni roi de France, ni roi d'Allemagne, mais qui se faisait désigner de son vivant comme étant le « Pater Europae », le père de l'Europe, et désignait son Empire de ces mots : « Europa vel regnum Caroli », l'Europe ou le royaume de Charles. « Charles était gros, robuste et d'une taille élevée, mais bien proportionnée, et qui n'excédait pas en hauteur sept fois la longueur de son pied. Il avait le sommet de la tête rond, les yeux grands et vifs, le nez un peu long, les cheveux beaux, la physionomie ouverte et gaie; qu'il fût assis ou debout, toute sa personne commandait le respect et respirait la dignité; bien qu'il eût le cou gros et court et le ventre proéminent, la juste proportion du reste de ses membres cachait ces défauts; il marchait d'un pas ferme; tous les mouvements de son corps présentaient quelque chose de mâle; sa voix, quoique perçante, paraissait trop grêle pour son corps. Il jouit d'une santé constamment bonne jusqu'aux quatre dernières années qui précédèrent sa mort; il fut alors fréquemment tourmenté de la fièvre, et finit même par boiter d'un pied. Dans ce temps de souffrance il se conduisait plutôt d'après ses idées que par le conseil des médecins, qui lui étaient devenus presque odieux pour lui avoir interdit les viandes rôties dont il se nourrissait d'ordinaire, et prescrit des aliments bouillis. Il s'adonnait assidûment aux exercices du cheval et de la chasse; c'était chez lui une passion de famille, car à peine trouverait-on dans toute la terre une nation qui pût y égaler les Francs. Il aimait beaucoup encore les bains d'eaux naturellement chaudes, et s'exerçait fréquemment à nager, en quoi il était si habile que nul ne l'y surpassait. Par suite de ce goût il bâtit à Aix-la-Chapelle un palais qu'il habita constamment les dernières années de sa vie et jusqu'à sa mort; ce n'était pas au reste seulement ses fils, mais souvent aussi les grands de sa cour, ses amis et les soldats chargés de sa garde personnelle qu'il invitait à partager avec lui le divertissement du bain; aussi vit-on quelquefois jusqu'à cent personnes et plus le prendre tous ensemble.
Il sut accroître aussi la gloire de son règne en se conciliant l'amitié de plusieurs rois et de divers peuples. Il s'attacha par des liens si forts Alphonse, roi de Galice et des Asturies, que celui-ci, lorsqu'il écrivait à Charles ou lui envoyait des ambassadeurs, ne voulait jamais s'intituler que son fidèle. Sa munificence façonna tellement à ses volontés les rois des Écossais qu'ils ne l'appelaient pas autrement que leur seigneur, et se disaient ses sujets et ses serviteurs. On a encore de leurs lettres, où ils lui témoignent en ces termes toute leur affection. Haroun, prince des Perses et maître de presque tout l'Orient, à l'exception de l'Inde, lui fut ainsi d'une si parfaite amitié qu'il préférait sa bienveillance à celle de tous les rois et potentats de l'univers, et le regardait comme seul digne qu'il l'honorât par des marques de déférence et des présents. » [dans «Vie de Charlemagne» / Eginhard / Collection des mémoires relatifs à l'histoire de France]

 

Les   partages   de  l'empire   de  Charlemagne

 

          Charles le Grand hérita du royaume des Francs à la mort de Pépin le Bref. Il renforça l'unité du pays commencée sous le règne de son père, créant un empire dont le territoire s'étendit depuis les Pyrénées jusqu'au Danube, ainsi qu'en Italie du Nord. Au moment où s'achevait le VIIIe siècle, Charles, « roi des Francs et des Lombards », « patrice des Romains », apparaissait comme le plus puissant, voire même comme le seul véritable souverain du monde chrétien. Allié des papes, il fut couronné « empereur d'Occident » à Saint-Pierre de Rome le 25 décembre de l'an 800. Son empire était réparti en divers royaumes, eux-mêmes subdivisés en comtés et en diocèses. Les premiers étaient administrés par des comtes et les seconds supervisés par des évêques, les uns et les autres nommés par l'empereur lui-même. Ces entités territoriales jouissaient d'une certaine autonomie, mais devaient suivre les directives religieuses émises par l'Etat. Durant le long règne de Charlemagne, de 768 à 814, l'empire des Francs chrétiens atteignit son apogée, constituant la force dominante en Europe occidentale.
          Charlemagne or
ganisa lui-même, en 806, le partage de « son » empire entre ses trois fils Charles, Pépin et Louis. Cependant Pépin mourut en 810 et Charles en 811. En 813, à Aix-la-Chapelle son lieu de résidence, Charlemagne donna de son vivant le titre d'empereur d'Occident à Louis, lequel était roi d'Aquitaine depuis 781.
          « Au mois de septembre de cette même année (813), le susdit empereur Charles réunit une grande assemblée du peuple au palais d'Aix. Venant de tout son royaume et empire s'assemblèrent évêques, abbés, comtes, prêtres, diacres et assemblée des Francs auprès de l'empereur à Aix ; et là ils élaborèrent quarante-six chapitres sur ce qui était nécessaire à l'Église de Dieu et au peuple chrétien. Ensuite se tint une assemblée avec les dits évêques, abbés, comtes et nobles du royaume franc, et ils firent de son fils Louis un roi et un empereur. Ce à quoi tous consentirent pareillement, déclarant que cela était justifié ; et cela plut au peuple, et avec le consentement et l'acclamation de tout le peuple, il fit son fils Louis empereur avec lui, et il perpétua l'empire par la couronne d'or, le peuple acclamant et criant : Vive l'empereur Louis ! Et ce fut une grande joie dans le peuple ce jour-là. » [site wikipédia / Louis-le-Pieux / « Chronicon Moissacense… » / n°813, éd. Pertz, Scriptores / 1826]

          Louis-le-Pieux, aussi surnommé le Débonnaire, succéda à son père Charlemagne en 814. Deux ans plus tard, il fut le premier monarque « français » à être sacré par le pape Étienne IV à Reims. Son règne fut marqué par de nombreuses menaces sur l'unité de l'Empire : ses fils se révoltèrent contre lui et il dut faire face aux raids des Vikings. C'est aussi durant cette période que les ambitions des « grands » s'affirmèrent de plus en plus, menaçant le pouvoir impérial. Afin de régler la succession de son empire, Louis le Pieux fit rédiger l' « Ordinatio imperii » en 817, faisant se confronter deux conceptions dynastiques. D'un côté, soutenue par l'aristocratie, la coutume germanique qui voulait que le territoire sur lequel règne un souverain soit divisé entre tous ses fils légitimes après sa mort. De l'autre, une conception nouvelle soutenue par l'Église, qui stipulait que l'empereur ne prît pour seul héritier que son fils aîné afin d'éviter les guerres entre frères rivaux. L'empereur imposa un compromis entre ces deux conceptions : à Louis, son fils benjamin, reviendrait la Bavière, et Pépin, le cadet, conserverait l'Aquitaine dont il était déjà roi. Lothaire, l'aîné, hériterait des autres territoires ; mais c'est à ce dernier, et à lui seul, que serait réservé le titre impérial, ses deux frères lui devant obéissance, notamment dans les domaines diplomatique et militaire. Cette « constitution », si elle satisfit les évêques, choqua la majorité des « grands », s'avérant sans doute trop novatrice par rapport aux coutumes ethniques franques. De plus, elle devint caduque en 823 et dut être modifiée lorsque naquit un quatrième fils à Louis-le-Pieux, le futur Charles le Chauve.
          A la mort de Louis-le-Pieux en 840, l'Empire d'Occident fut partagé entre ses trois fils survivants. Après bien des conflits entre les héritiers, le Traité de Verdun officialisa le partage en 843. Charles le Chauve régna sur la Francia Occidentalis, composée de l'Aquitaine et de la Neustrie ; ces territoires ne prirent le nom de France que vers le XIIe siècle. Louis le Germanique obtint la Francia Orientalis, territoire allant de la Saxe au nord jusqu'à la Bavière au sud ; ce royaume, communément nommé Germanie, sera le noyau du futur Saint Empire romain germanique ; cette partie orientale de l'empire carolingien ne fut jamais entièrement franque et regroupait également des Saxons, des Bavarois, des Thuringes et des Alamans. L'aîné Lothaire reçut la Francie médiane, royaume situé entre les deux précédents, comprenant les territoires s'étalant de la mer du Nord à la Provence, ainsi que la Lombardie. Ce royaume devait sa configuration bizarre au fait que Lothaire conservait Aix-la-Chapelle, capitale de l'Empire de Charlemagne, ainsi que Rome. Etant l'aîné, Lothaire Ier succéda à son père comme Empereur d'Occident, devenant le suzerain de ses deux frères, situation que ses deux frères ne purent admettre et ne tardèrent pas à contester.


 

 

Partage de l'empire au traité de Verdun (843)


 

Naissance  de   la  Lotharingie

 


          La Francie médiane disparut rapidement. Au traité de Prüm (855), peu avant sa mort, l'empereur Lothaire Ier la partagea entre ses trois fils : l'aîné Louis II hérita de la couronne impériale et du royaume d'Italie, constitué par le nord de la péninsule ; le benjamin Charles obtint la Provence et la Bourgogne cis-jurane ; le cadet Lothaire II reçut la partie nord du royaume, située entre la Frise et les Vosges, qui prit le nom de « Lotharregne » ou « Lotharingie », le royaume où règne Lothaire, territoire dont une partie est aujourd'hui désignée sous le nom de « Lothringen » par les Allemands, « Lorraine » par les Français.
          Charles de Provence mourut en 863, et ses possessions furent partagées entre ses deux frères. A la mort de Lothaire II en 869, ses deux oncles, Louis le Germanique et Charles le Chauve, se distribuèrent la Lotharingie (traité de Meerssen, 870).
          Ce royaume « d'entre-deux » fut pendant plusieurs décennies une pomme de discorde entre les souverains de Francie occidentale et de Francie orientale, entre la France et l'Allemagne, passant successivement d'une domination à l'autre. Finalement, en prenant la ville de Metz en 925, le roi d'Allemagne Henri Ier l'Oiseleur assura définitivement son autorité sur la Lotharingie qui fut dès lors rattachée pour de longs siècles à l'Allemagne.
          En 959, l'
archevêque de Cologne Brunon, frère du roi Otton Ier de Germanie, nommé par lui duc de Lotharingie, divisa ce territoire en deux duchés distincts : la Basse-Lorraine comprenant le Brabant, le Cambrésis, le pays liégeois, le Luxembourg, l'évêché de Cologne ; la Haute-Lorraine ou Mosellane, qui deviendra le duché de Lorraine et le Barrois. Otton Ier restaura en 962 la dignité impériale, et la Lotharingie fit dès lors partie de l'Empire romain germanique.
          Plusieurs ducs nommés par les empereurs se succédèrent en tant qu'administrateurs du duché de Haute-Lorraine, avant que la charge ne devienne héréditaire. En 1048, Henri III nomma Gérard d'Alsace ; celui-ci prit le titre de Gérard Ier de Lorraine et est connu par l'Histoire comme étant le fondateur de la Maison de Lorraine, laquelle régna sur le duché jusqu'en 1737. Il fit édifier un château seigneurial à proximité d'une petite bourgade nommée Nanceio, qui devint plus tard la capitale des ducs : Nancy.
          Pour la p
etite histoire, rajoutons que le duc Gérard fut rapidement fait prisonnier par un autre prétendant au titre de duc de Lorraine, un nommé Godefroy le Barbu. Il fut libéré quelque temps après grâce à l'intervention de son ami Brunon d'Eguisheim-Dabo qui venait de se faire élire pape, le 1er février 1049, sous le nom de Léon IX. L'empereur fournit des troupes à Gérard de Lorraine, qui lui permirent de vaincre ses adversaires. Précisons que Brunon, évêque de Toul, avait été désigné par l'empereur Henri III comme étant le candidat idéal au Saint-Siège. Les deux hommes étaient cousins, et leurs familles étaient apparentées aux comtes de Nordgau, aux comtes et aux évêques de Metz, en fait à tous les descendants des Carolingiens de Francie orientale ou occidentale, de même que le duc Gérard, issu de la famille d'Alsace. Tout du « beau monde » … qui s'aidait et s'entraidait, se partageant le pouvoir, les biens, les terres et les hommes qui y demeuraient.


 

La  Querelle  des  Investitures

 

         
          Le souverain de Germanie exerçait en ces temps un contrôle absolu sur l'élection du pape et sur la nomination des évêques dans l'Empire. Outre leur pouvoir spirituel, les prélats disposaient également d'un pouvoir temporel sur les biens territoriaux que leur confiait généreusement leur suzerain, lequel affermissait de cette manière son autorité et conservait un moyen de pression sur ses obligés. C'était la politique du « donnant-donnant », sorte de philosophie du système féodal ! L'évêque exerçait souvent les pouvoirs régaliens et était presque toujours pourvu du titre de « comte », lequel était en principe un fonctionnaire nommé par l'empereur pour le représenter dans telle ou telle circonscription territoriale, de même que le duc d'ailleurs. Leurs attributions de fonctionnaires se transformèrent peu à peu en liens vassaliques, et les ducs, comtes et évêques devinrent des vassaux directs des rois ou des empereurs : le processus féodal s'instaura dans tous les territoires qui avaient formés l'empire franc, qu'ils soient dévolus à la Francie occidentale ou à la Francie orientale.
          Ce système institutionnel fonctionna parfaitement jusqu'au règne de l'empereur germanique Henri III. En 1054 mourut le pape Léon IX ; son cousin Henri III décéda en 1056, ne laissant qu'un héritier de six ans. Profitant de la minorité d'Henri IV, alors roi des Romains, le pape Nicolas II décida en 1059 de réserver l'élection du souverain pontife aux seuls cardinaux : ainsi, le pape ne serait plus l'homme de l'empereur. Premier défi ! Puis le pape réformateur Grégoire VII publia en 1075 le « Dictatus papae » contenant des propositions qui devaient enlever aux souverains le droit de nommer des laïcs de leur choix à des fonctions d'évêque ou d'abbé. De violents conflits éclatèrent entre la papauté et l'empire, qui s'étalèrent sur un demi-siècle. Cette « Querelle des Investitures » ne prit fin qu'en 1122, par la signature du Concordat de Worms. Le pape Calixte II et l'empereur Henri V convinrent que les évêques du Saint Empire romain recevraient une double investiture, spirituelle et laïque : l'investiture par le Saint-Siège, qui conférait aux évêques et aux abbés l'autorité spirituelle incontestable sur les fidèles ; l'investiture laïque par l'empereur, qui était de type féodal et garantissait la possession d'un fief. Celui-ci, sous la forme d'une terre ou d'une rente, assurait aux prélats des revenus importants et l'autonomie matérielle indispensable à l'exercice de leur autorité temporelle.
          Le concordat de Worms faisait suite à des accords similaires conclus quelques années auparavant entre le pape et les rois d'Angleterre et de France. Ces accords amorcèrent en Europe occidentale la séparation du pouvoir religieux, exercé par le clergé catholique, et du pouvoir laïc, tenu par les souverains et les seigneurs leurs vassaux. Toutefois, dans les faits, l'accord fut difficilement applicable. La papauté avait réussi, pour un temps seulement, à soustraire les clergés nationaux au pouvoir des souverains. Elle renforçait ainsi son prestige. Le conflit rebondit à plusieurs reprises au cours des siècles suivants. Cette affaire « moyenâgeuse » peut paraître très éloignée de l'époque actuelle. Elle n'en revêt pas moins une grande importance, car il en découla l'idée de ce que l'on nomme aujourd'hui « la laïcité », système social dans lequel les affaires religieuses sont distinctes des affaires politiques … sujet toujours d'actualité !
          Au moment o
ù le Concordat de Worms mit fin à la Querelle des Investitures, le territoire de l'ancien duché de Haute-Lorraine se trouvait essentiellement divisé entre trois principautés laïques - le duché de Lorraine, le duché de Bar et le comté du Luxembourg - et quatre principautés ecclésiastiques - l'archevêché de Trêves ; les évêchés de Metz, Toul et Verdun, constituant un territoire qui prendra plus tard le nom de « Trois-Evêchés ». Ces principautés étaient elles-mêmes subdivisées en de nombreux comtés et autres seigneuries, parmi lesquels plusieurs relevaient directement de l'Empire.
          Au terme d'une évolution lente et continue, entre le VIIIe et le XIe siècles, de nombreux seigneurs vassaux des évêques de Metz avaient fini par échapper complètement à leur autorité, se constituant pour eux-mêmes et leurs descendants un domaine dont les terres et les hommes leur appartenaient « en propre ». « L'affaiblissement de l'Empire dès le XIe siècle est un des facteurs essentiels de la formation, dans l'ancienne Haute-Lorraine, de véritables principautés territoriales aux mains de puissants seigneurs, soucieux d'étendre les territoires soumis à leur domination, de posséder des points stratégiques fortifiés pour imposer leur autorité, soucieux aussi d'accroître le nombre de leur vassaux. » [dans « Histoire de Sarrebourg » / ouvrage collectif / Jeanne-Marie Demarolle]

          Ainsi se forma sans doute le comté de Dabo ou Dagsburg, territoire issu de fiefs composant initialement le temporel messin, mais aussi de biens cédés par les souverains des royaumes résultant du partage de l'empire de Charlemagne, par les familles ducales d'Alsace et de Lorraine, par les évêques de Strasbourg, les grandes abbayes d'Andlau et de Wissembourg, entre autre.

 

Le  Pays  de  Sarrebourg, partie  de  l'empire  germanique

 


          La ville de Sarrebourg s'est créée en un lieu où le passage de la rivière Sarre est aisé, à proximité immédiate des Vosges, non loin du passage de Saverne qui permet de franchir ces montagnes avant de pénétrer dans la plaine du Rhin. L'agglomération a eu dès son existence un aspect stratégique qui intéressa les monarques francs, de même que les prélats qu'ils mirent à la tête de l'évêché de Metz. A l'époque mérovingienne, l'antique bourg nommé « Pons Saravi », pont sur la Sarre, a une fonction défensive, ce qu'indique son nouveau nom : « castrum Saraburg », le terme latin castrum désignant alors une ville forte de moindre importance. Entourée de remparts, l'agglomération est aussi désignée sur certaines pièces de monnaie sous le nom de Saredurco, Sarebyrgo ou Sareburco. Elle est le chef-lieu d'un « pagus » ou « gau », terme de vieux francique désignant une subdivision politico-géographique à l'intérieur d'une province. Le territoire nommé « pagus sarvensis », « pagus saroinse », « sarachowa » ou « saargau » est gouverné par un fonctionnaire nommé « comte » ou « comes », compagnon du roi, choisi par celui-ci au sein de l'aristocratie franque.





 


le pagus Sarvensis ou pays de Sarrebourg



          Dès les VIe et VIIe siècles, ère d'intense colonisation agricole du pays de Sarrebourg comme de tant d'autres territoires, des familles nobles d'Austrasie deviennent propriétaires fonciers grâce à la générosité des princes régnants. « Des propriétaires francs tels que Audwîn, Ermbert, Chunchirino, Chrowîn et Scalco ont hérité de leurs aïeux conquérants des terres que ceux-ci avaient eues comme part de butin,ou avaient reçues du fisc royal, possesseur des terres provenant des villae vacantes ou confisquées. »* Les rois mérovingiens et carolingiens distribuent de la même manière des terres aux abbayes et aux évêques et c'est « alors aussi que se mettent en place les bases de la puissance sociale de l'Eglise, qu'affirment les possessions foncières. C'est pour le IXe siècle qu'elles sont vraiment attestées, mais elles doivent s'implanter dès l'époque mérovingienne. »* Après de fort sombres décennies pour le pays de Sarrebourg comme pour toute la Francie médiane, au cours desquelles le territoire est ballotté entre Francie occidentale et Francie orientale, le royaume initialement dévolu à Lothaire II est finalement rattaché au royaume de Germanie en l'an 925. Les habitants du Saargau, parmi lesquels les gens de Hesse, sont alors sujets du « rex francorum orientalium », le roi des Francs de l'Est, le Saxon Henri l'Oiseleur aussi nommé Henri Ier de Germanie. Un demi-siècle plus tard, alors que règne l'empereur Otton Ier, fils du roi Henri Ier, la Francie de l'Est est devenue l'Empire romain germanique. Le Saargau est désigné par les termes « comitatus Saraburg ». Les diverses expressions contenant les termes « pagus » ou « gau » ont été supplantées par celle de « comitatus Saraburg », le comté de Saraburg, toponyme signifiant « site fortifié situé sur la Sarre » : c'est la ville qui sert dès lors à désigner le pays l'entourant, et non plus la rivière. Territorialement, le comté de Sarrebourg a sans doute les mêmes limites que le pagus sarvensis ou Sargovie supérieure. La ville-même de Sarrebourg a pris de l'importance et est un des éléments de la puissance féodale de l'évêque de Metz, dont le temporel représente dans la proche région « un tiers au moins de la surface cultivée. »
          Dès le XIe siècle, lorsqu'éclata la Querelle des Investitures entre l'empereur de Germanie et la papauté, « les possessions messines furent pour beaucoup d'entre elles inféodées à des seigneurs, les évêques ayant besoin d'accroître le nombre de leurs fidèles. Le fief composé des villes fortifiées de Sarrebourg et de Sarralbe, ainsi que le château de Herrenstein (situé au-dessus de Neuviller-les-Saverne) échut au comte Hugues IV d'Eguisheim, époux d'Heilwide de Dabo, qui devint de ce fait comte épiscopal. L'office fut rattaché à l'ancien comté de Dabo qu'Heilwide avait hérité de son père. »* « Du XIIe au XVe siècle, la ville de Sarrebourg, possession de l'évêché de Metz, apparaît essentiellement comme un foyer de christianisation, mais aussi comme le bastion oriental d'une puissance temporelle. [dans « Histoire de Sarrebourg » / ouvrage collectif / J-M. Demarolle]
          Située tout à côté de la place fortifiée qui prendra plus tard le nom de « Kaufmann Sarburg », Sarrebourg-la-marchande, la « terre de Hesse » sera considérée par les comtes de Dabo comme propriété familiale, sur laquelle ils fonderont une abbaye vers l'an mil. Ce domaine était situé dans la pagus Saroensis à la limite des comtés de Sarrebourg et de Dabo, Comitatus Saraburc et Comitatus Dagisburgensis. 

 



Le comté de Dabo au Xe siècle




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