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petites  histoires  et   grande  histoire

 

 

9- Les  comtes   de   Dabo , seigneurs   de  Hesse

 

 

La   famille  d' Eguisheim - Dabo

 


            Le personnage le plus illustre de cette famille comtale est sans nul doute Brunon, l'un des fils de Heilwide de Dabo, Dagsburg en allemand, et de Hugues IV d'Eguisheim, lesquels fondèrent en s'unissant la maison d'Eguisheim-Dabo. Devenu pape en 1048 sous le nom de Léon IX, le célèbre personnage fut sanctifié et, de nos jours, Saint Léon est toujours honoré, tant en Alsace qu'en Lorraine.


Le pape Léon IX



            Dans laquelle d
e ces deux provinces aujourd'hui françaises Brunon d'Eguisheim-Dabo est-il né ? « In finibus dulcis Elizatiae », aux confins de la douce Alsace, déclarait au XIe siècle l'archidiacre de Toul Wibertus, son biographe et ami. Naquit-il à Eguisheim, dans le Haut-Rhin actuel, au château de son père, fils de la famille comtale du Nordgau ? Vint-il au monde dans le comté de sa mère, Heilwide, à Dabo même ou à Walscheid, villages situés tous deux en Moselle ? Laissons le débat aux polémistes qui cherchent à en faire un Alsacien ou un Lorrain, alors que l'actuelle répartition territoriale n'est plus celle de l'an 1002, année de naissance de Brunon d'Eguisheim-Dabo. Il y a mille ans, ces régions dépendaient toutes deux de l'Empire romain germanique. Disons que Léon IX est un pape de chez nous ! Le Saint Père honora d'ailleurs le village de Hesse en y faisant étape en 1050, rendant visite à sa nièce Serberge ou Gerberge, première Abbesse de l'abbaye bénédictine fondée en ce lieu par ses parents.
            Cette dernière assertion s'appuie sur un passage de la Chronique de Richer, moine qui vécut au XIIIe siècle à l'abbaye de Senones dans les Vosges. Parmi une multitude de faits, le moine Richer relate les suivants :
« 
En l'an mil et deux fut né Bruno, qui fut evesque de Toul, puis après esleu pape de Rome. Ses predecesseurs fonderent un monastere de femmes religieuses, nommé Hesse, auprès de Sarbourg ; encor un autre monastere de l'ordre de St Benoist, au territoire d'Alsace. Edifierent un tiers monastere appellé Lustre. Puis pour le quatriesme de religieuses, en l'honneur de Ste Croix, au mesme pays d'Alsace, appellé Wafenheim en langage du pays, et enrichirent tellement lesdits monasteres de leurs propres biens, qu'il y auoit à chacun d'eux rentes à suffisance pour la nourriture des religieux et religieuses. »
Un peu plus loin dans sa Chronique, Richer précisait : « 
En l'an de salut mil vingt six, Herman, evesque de Toul, termina vie par mort, et à iceluy, Bruno, fils du comte d'Asporg, succeda, qui par après fut fait pape nommé Leon. »
            Bruno ou Brunon, « fils du comte d'Asporg » - Dasborc, Dasbourg, Dachsburg, Daburc, Dabo - est né dans une famille de la haute aristocratie européenne, liée aux ducs d'Alsace et de Lotharingie, aux ducs de Bavière, de Franconie, de Souabe et de Saxe, ainsi qu'à la plupart des familles comtales s'étant créées en Austrasie sous les Mérovingiens et les Carolingiens : lignée teutonne par son père Hugues IV, descendant du duc d'Alsace Etichon, comte d'Eguisheim, comte de Nordgau, cousin germain de Conrad de Franconie qui sera empereur de Germanie (1027-1039) sous le nom de Conrad II le Salique ; race « latine » par sa très pieuse mère Heilwide - Heilvige, Heilwigdis, Adelvide - laquelle, si l'on en croit de nombreux généalogistes, serait apparentée aux Capétiens, rois de France. « L'Auteur de la Vie de S. Léon IX (Wibert) remarque que le Comte Hugues étoit Allemand, né en Alsace, sçachant parfaitement l'allemand et le latin ; et que la Comtesse Helvide ou Helvige sa femme étoit Latine, c'est-à-dire Lorraine, et d'un Pays où l'on parloit Roman ou le Latin corrompu ; mais qu'elle sçavoit aussi l'Allemand : ce qui me fait conjecturer qu'elle était native de Moha, ou de quelques dépendances du Comté de Dasbourg où l'on parloit Roman. Le comté de Dasbourg étoit très puissant, ayant bon nombre de forteresses et plusieurs villages dans sa dépendance en Lorraine et en Alsace. » [dans « Histoire de Lorraine » / « Généalogie de Hugues Comte d'Egeshem et de Dasbourg » / Dom Calmet]
            Les parents du pape Léon IX réunirent les héritages des maisons d'Eguisheim et de Dabo ; Hugues reçut par ce mariage les titres de comte de Dabo et comte de Moha (près de Liège), portés par son beau-père Louis ou Ludwig, dont sa fille Heilwide était l'unique héritière. C'est ce que confirme l'historien et généalogiste allemand Frank Legl, dans une récente étude sur l'origine de la famille comtale d'Eguisheim-Dabo  : « Ludwig von Dagsburg hatte anscheinend nur ein Kind, nämlich Heilwig, die die Grafschaft Dagsburg erbte. Somit ging der dagsburgische Besitz und der Name der Grafschaft in die Familie der Egisheimer Grafen über. » (Louis de Dabo n'avait apparemment qu'un enfant, à savoir Heilwig. C'est ainsi que les biens et le nom des comtes de Dabo passèrent dans la famille des comtes d'Eguisheim.) [« Studien zur Geschichte der Grafen von Dagsburg-Egisheim. Veröffentlichungen der Kommission für Saarländische Landesgeschichte und Volksforschung » / Frank Legl / 1998]
            La réunion des deux patrimoines permit à cette famille comtale de couvrir un très grand espace territorial et politique, que les divers comtes successifs n'eurent de cesse de défendre ou de vouloir agrandir, guerroyant avec ou contre tous les seigneurs régionaux aussi avides qu'eux de terres et de pouvoir. Les très « remuants » Eguisheim-Dabo, qui furent aussi comtes de Moha, de Montbéliard, du Chaumontois, de Metz, de Mousson et de nombreux autres lieux, se trouvèrent bien sûr mêlés à la plupart des conflits qui opposèrent les divers prétendants au trône de Germanie. Certains y périrent, alors que d'autres, pour se racheter devant l'Eternel et expier leurs fautes, fondèrent généreusement de nombreuses abbayes ou prieurés sur leurs terres et leur assurèrent de confortables revenus. Altorf, Sainte-Croix de Woffenheim, Saint-Quirin, Hesse, Notre-Dame d'Oelenberg, voici autant de monastères dont les fondateurs appartenaient à cette noble famille et sur lesquels celle-ci étendait sa protection.
            En plus des terres qu'ils possédaient « en propre », les comtes d'Eguisheim-Dabo détenaient des fiefs relevant directement de l'Empire germanique ou faisant partie du temporel des évêques de Toul, de Strasbourg et de Metz. Parmi ces nombreux territoires, le fief composé des villes de Sarrebourg et de Sarralbe, des châteaux de Herrenstein et de Turquestein, ainsi que de quelques villages, parmi lesquels celui de Hesse, fut remis au début du XIe siècle aux Eguisheim-Dabo par l'évêque de Metz, et Hugues IV y exerça la charge de comte épiscopal. A ce titre, il était tenu d'administrer civilement et militairement le « pagus » ou « pays » que l'évêque lui confiait, d'y rendre la justice et de percevoir les impôts au nom du prélat. Peu à peu, les divers comtes se succédèrent à cette charge de manière quasi dynastique, exerçant le pouvoir en leur nom propre, usurpant les droits dont ils n'avaient en principe que délégation, ainsi que les bénéfices et les honneurs reçus en contrepartie de leur vassalité. Ils exercèrent le « ban » sur les terres et sur les hommes qui y demeuraient, s'arrogeant sur ces derniers un pouvoir de commandement, défendant et ordonnant selon leur bon vouloir mais surtout selon la coutume qui avait force de loi.

 




Le comté de Dabo au Xe siècle - Comitatus Dagisburgensis


 

La   seigneurie  terrienne

 


            La seigneurie est la structure d'encadrement économique et judiciaire des populations européennes à partir du XIe siècle et la cellule de base de la vie des campagnes françaises jusqu'en 1789. Le principe-même de la seigneurie tient à la détention par une même famille seigneuriale de la domination foncière en même temps que du droit de ban, pouvoir de commandement et de contrainte. Le domaine nommé seigneurie peut être considéré comme une unité d'exploitation agricole régentée par un homme, le seigneur, qui a pouvoir absolu sur les terres et sur les hommes qui y demeurent. Selon l'historien médiéviste Léopold Genicot, « est seigneur celui qui est maître du sol et qui, parce que maître du sol ou grâce à la puissance que lui confère cette maîtrise du sol, exerce sur ceux qui peuplent ou mettent en valeur celui-ci certains pouvoirs de caractère public, spécialement un pouvoir de juridiction. (…)
La seigneurie est fille de l'essor rural : elle se met en place pour capter les profits. La seigneurie a une fonction de « piratage économique » : en ces mots se résument tous les moyens dont dispose un maître pour s'approprier les bénéfices du travail qu'exercent les hommes qu'il domine. Ces moyens découlent à la fois de la possession de la terre, c'est la seigneurie foncière qui s'exerce sur le sol, et de l'exercice du ban, c'est à dire d'un pouvoir de contrainte, qui s'exerce sur les hommes.
La seigneurie est cependant plus qu'une structure de commandement : c'est la forme coutumière d'encadrement des hommes. Car la société féodale réalise ce paradoxe apparent : si, du point de vue politique, elle semble se caractériser par une dislocation de l'autorité, du point de vue des sociétés locales, elle se manifeste par une concentration de pouvoir qui serre au plus près les hommes et participe à leur « encellulement ». (…)
On a devant soi une
collection d'individus liés entre eux par de permanents intérêts et besoins réciproques, les relations entre seigneurs et dépendants n'étant pas normalement empreintes d'une hostilité latente. Hommes et choses constituent un tout, une cellule sociale. Un domaine foncier, c'est bien cela : un corps social au sein duquel étaient réparties les fonctions devenues indispensables à la vie normale et continue de l'ensemble des parties composantes et où, par conséquent, il est naturel qu'ait toujours existé, sur le plan social, un minimum de discipline sociale, donc à la fois des principes de commandement, « bannus » et des principes d'obéissance. » [dans « Les institutions d'Europe occidentale au moyen age » / Léopold Genicot]

 

La  seigneurie   de  Hesse

 


            Au tout début du XIe siècle, la « terre et seigneurie de Hesse » - termes relevés dans plusieurs manuscrits - faisait partie du temporel de l'évêque de Metz et était tenue en fief par les comtes de Dabo. A quelle époque la charge comtale de ce territoire fut-elle attribuée à ces derniers ? Aucun document ne l'indique, à notre connaissance. Toujours est-il que lorsque Hugues IV d'Eguisheim-Dabo et son épouse Heilwide fondèrent à cet endroit une abbaye bénédictine, à la fin du Xe ou au début du XIe siècle, ils se considéraient comme étant les propriétaires des terres hessoises ainsi que des personnes qui y vivaient.

       La guerre pour la succession de la comtesse Gertrude d'Eguisheim-Dabo, morte en 1225 sans héritier direct, ruina le comté de Dabo dont Hesse faisait partie. Les prétendants à ce riche héritage étaient nombreux, parmi lesquels les évêques de Metz et de Strasbourg qui prétendaient récupérer les fiefs relevant de leurs évêchés respectifs, et surtout Simon de Linange (Leiningen), le veuf de Gertrude, qui affirmait qu'un testament avait été fait en sa faveur. A la mort de Simon en 1234, son frère Frédéric III de Linange prit la suite de cette guerre épiscopale. En 1236, il se résolut à traiter avec l'évêque de Metz, épousa sa nièce Elisabeth d'Apremont, et devint le vassal du prélat pour certains fiefs relevant de son évêché, parmi lesquels la seigneurie de Hesse. Dès lors, les comtes allemands de Linange-Dabo, de la puissante famille des Deux-Ponts (Zweibrücken) et Sarrebrück, devinrent seigneurs de Hesse et d 'autres lieux.


            Cet état de fait devait perdurer au cours des siècles suivants, les comtes successifs affirmant haut et fort les divers droits qu'ils possédaient à Hesse, ne cédant aucune des prérogatives qui en découlaient, les faisant respecter au besoin par la force, en appelant souvent à la justice impériale ou royale pour que leurs droits soient reconnus, maintenus et appliqués.

            Voici q
uelques extraits de manuscrits pour étayer ces affirmations  :

1- Les parents de Léon IX, Hugues IV d'Eguisheim-Dabo et Heilwide, ont fondé une abbaye à Hesse., où ils possédaient des terres et des hommes.
C'est ce que confirme le pape Léon IX, fils des fondateurs du monastère, dans la bulle qu'il adressa en 1050 à l'Abbesse de Hesse :
« Léon, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à l'église située au lieu qui s'appelle Hesse, (...) à Serberge, abbesse, notre nièce, et aux servantes de Dieu qui lui succèderont à perpétuité dans ce lieu.
Nous accordons gracieusement à cette église confirmation de ses privilèges, ainsi que Nous devons et avons coutume de le faire ; et cela à raison de la vénération due aux saints et de l'affection très-cordiale et très-reconnaissante que Nous portons à nos parents qui reposent dans le Christ. (…)
Nous confirmons au même lieu les biens que lesdits parents ou autres personnes fidèles à Dieu lui ont déjà concédés ou lui concèderont dans la suite des temps. (...)
Notre père Hugues, administrateur intègre et comme voué et comme héritier des droits de sa maison, bien inspiré par sa foi catholique et sa religion éprouvée, a établi la loi pacificatrice suivante en faveur des familles lui appartenant et celles appartenant à l'église, savoir que tous auraient pleine et entière faculté de s'unir légalement en mariage entre eux, selon leur condition. »

2- La seign
eurie de Hesse faisait partie du temporel de l'évêque de Metz. C'était un fief qui ne pouvait être détenu que par un vassal masculin. Aussi lorsqu'Albert II comte de Metz, de Dabo et de Moha mourut en 1214, sa fille Gertrude, unique héritière, pria l'évêque messin de confier à son époux, Thiébaut de Lorraine, les divers fiefs tenus par la famille de Dabo. Elle refit la même requête dix années plus tard, au nom de son troisième mari, Simon de Linange, Leinigen en allemand.
- Dans l'Histoire de Lorraine par Dom Calmet : « Par une charte donnée dans l'octave du Seigneur de l'année 1215, Thiébaut, duc de Lorraine, comte de Metz et de Dagsbourg, reconnaît que l'évêque de Metz et de Spire, chancelier de la Cour impériale, a, sur sa prière, rendu à lui et à la duchesse Gertrude, sa femme, le comté de Dagsbourg et ses dépendances, tel que le père de ladite duchesse l'a possédé en fief, à condition que si lui, duc, meurt sans hoirs de son corps, la duchesse conférera à Saint-Etienne l'alleu de Turquestain, en tant qu'il lui appartient, l'abbaye de Hesse et le château de Thiecourt. »
« Par le
ttres datées du mois de septembre 1224, la comtesse de Dagsbourg déclare que, du gré de son mari Simon de Linange elle accroît le fief qu'elle tient de l'Evêché de tout ce qu'elle a à Turquestein, à Thiecourt, dans l'abbaye de Hesse et à Sarralbe : « Ego, comitissa de Daborch, notum facio ... quod ego, laude et assensu mariti mei, accrevi feodum quod a domino meo episcopo Metensi tenere debeo, de his omnibus que habeo apud Turkestein et apud Tihecort et in abbacia de Hesse et in Alba, cum appendiciis eorum ... »

- Dans l'Histoire de Metz par les Bénédictins : « Après la mort d'Albert, comte de Dasbourg, de Metz et de Moha , décédé vers l'an 1214, sans avoir laissé d'enfants mâles, les fiefs masculins qu'il tenoit de l'Evêché de Metz devoient naturellement retourner au domaine de cette Eglise. Gertrude, sa fille, mariée dès l'an 1206 à Thiébaut Ier, duc de Lorraine, fit tant par ses instances et par les sollicitations de ceux qu'elle employa auprès de l'évêque Conrad, que ce prélat consentit enfin à ce qu'elle jouît de ses fiefs avec le duc son mari, mais sous la condition expresse que, s'ils mouroient sans enfans mâles, les fiefs retourneroient à leur origine.
Gertrude, devenue veuve en 1220, épousa Thiébaut, comte de Champagne, qui, au bout de deux ans de mariage, prit le parti de la quitter, soit, comme le dit le moine Richer, à cause qu'elle étoit stérile, ou plutôt parce que ce mariage, ayant été contracté dans les degrés défendus, fut déclaré nul. Des bras du comte de Champagne elle passa dans ceux de Simon, comte de Linanges, et mourut sans enfans en 1225. L'évêque de Metz Jean d'Apremont, qui avait succédé à Conrad, saisit l'occasion pour rentrer dans tous les biens des comtes de Dasbourg, comme anciens fiefs de l'Eglise de Metz. Il appela à son secours le comte de Bar, et, par son moyen, il se mit en possession des terres
de Hernestein (Herrenstein, près Neuwiller, Bas-Rhin) et de Turquestein, des villes de Saralbe et de Sarbourg, et des autres terres que les comtes de Dasbourg avoient autrefois possédées à titre de fiefs de son Evêché. »


3- Les Linange-Dabo se considéraient comme les propriétaires du village de Hesse.

Lorsqu'en 1576 la maison religieuse de Hesse fut incorporée à l'abbaye de Haute-Seille, les Linange-Dabo n'acceptèrent pas facilement la perte de leurs droits sur Hesse, s'opposant à cette réunion et protestant durant de longues années contre le fait accompli « subrepticement » selon eux. De nombreux manuscrits font état de leurs contestations et réclamations auprès de diverses instances judiciaires. Un droit féodal leur était particulièrement cher et ils luttèrent pour ne pas en être spoliés : le droit d'hospitalité qui leur était dû au prieuré de Hesse, englobant le gîte et le couvert gratuits, pour eux-mêmes ou leurs représentants.

             En 1739, ils adressèrent une requête à
« Monsieur le Lieutenant General du baillage de leveche de Metz a Vic », afin que la justice du royaume de France leur reconnût « la confirmation dun droit ancien coherent a la fondation meme »,
privilège découlant du droit de ban détenu dès le XIe siècle par les comtes de Dabo.
« Supplient humblement les Comtes de Linange et Dabo (…)
disant que le village de hesse avec les droits et revenus attachés au domaine direct et utile faisoit cy devant une dependance du Comté de Dabo dont les suppliants sont propriétaires. Leurs ancêtres animés par la piété y fonderent il y a plusieurs siècles un monastere auquel ils donnerent la plus forte partie des biens qu'ils possedaient audit lieu, sous la reserve neantmoins des droits de patronage et collation et de ceux qui en dependent ; il y a eut des reconnaissances si authentiques et si formelles de ces droits que l'on ne pense pas qu'ils puissent etre desavoués. (...)
Les Comtes d
e Linange setant opposer a cette union et ayant soutenu quelle navoit point etre faite sans leur agrément et consentement vu que j'ai lacte de fondation faite par les ancetres ; ils avoient ete constitués eux leurs successeurs et descendants tant en ligne masculine et feminine avoues patrons et collateurs dudit prieuré et que depuis ce temps ils avoient une possession suivie et constante de lexercice des actes attachez a ces titres (...) » (Archives le la Meurthe à Nancy)

 

 

Au XVIe siècle, l'abbaye de Hesse deviendra un prieuré séculier

 

           L'abbaye de Hesse connaîtra de nombreuses vicissitudes au cours des siècles suivant sa fondation, calamités telles que peste et autres épidémies, famines, catastrophes naturelles, guerres féodales et conflits sociaux, incendies et pillages, toutes misères qui n'épargnèrent point, on s'en doute, les villageois demeurant contre les murailles de la maison religieuse.

Quelques étapes ...


1442 - Abandon de l'abbaye par les Bénédictines
Par un acte de rétrocession daté du 8 mai 1442, l'abbesse Brigide et les six religieuses bénédictines qui demeuraient dans des bâtiments en ruines remirent l'abbaye aux comtes de Linange-Dabo et abandonnèrent définitivement les lieux. « Les religieuses, reconnaissant que leur position n'était plus tenable, vendirent tout ce qu'elles possédaient en propre et prirent le chemin de l'exil. Elles se retirèrent, suivant les uns au couvent de Saint-Jean-des-Choux près de Saverne, suivant d'autres au couvent de Biblisheim, dans la forêt de Haguenau. Les religieux de Phalsbourg disent, dans leur histoire manuscrite du comté de la Petite Pierre, qu'elles trouvèrent asile au couvent de Crauffthal. »   (dans la monographie sur Hesse écrite par l'abbé Kuhn / 1872)


          Quatre
années plus tard, les comtes Emich le vieil, Ferry Rodolph le Jeune, Sihastrid et Bertrand de Linange Dabo et Réchicourt adressèrent une requête à l'évêque de Metz Conrad Bayer de Boppart « auquel ils mandent que leurs prédécesseurs ont fondé dans leur comté l'abbaye de Hesse pour des Religieuses et lont dottez amplement, que les guerres ont ruiné laditte abbaye et dispersé toutes les Religieuses et l'Abbesse lesquelles supplient lesdits fondateurs de reprendre laditte abbaye, retirer leurs biens alienez, et les unir au chapitre de l'Eglise St Etienne de Sarrebourg et requierent le consentement dudit eveque en pourvoyant à la nourriture des Religieuses restantes. » (Archives de la Meurthe à Nancy)


1447 - Réunion de l'abbaye au chapitre de l'église St Etienne de Sarrebourg
Par titre du 13 octobre 1447, l'évêque de Metz Conrad Bayer de Boppart prononça la réunion de l'abbaye de Hesse à la collégiale Saint Etienne de Sarrebourg, la petite ville voisine. L'union de « laditte abbaye a leglise et au chapitre St estienne de Sarbourg » fut confirmée par le Saint Siège par lettre du 5 mai 1452. Les habitants de Hesse, qui étaient passés sous une nouvelle juridiction, furent invités à donner leur consentement … en 1457 (!) : « 1457 - Acte par lequel Jehan Strube Doyen de la collegiale de Sarbourg ayant assemblé la communauté et habitants de hesse a fait faire lecture d'un livre qu'il avoit en main pour l'administration de la justice et a demandé s'ils avoient coutume de jouir des privileges et libertes y contenues » (Archives de la Meurthe à Nancy)


          Cette situation se maintint jusqu'en 1465, date à laquelle les chanoines sarrebourgeois renoncèrent à la possession de la maison religieuse de Hesse, dont les charges étaient probablement devenues trop lourdes. Ils résilièrent entre les mains de Georges de Bade, évêque de Metz, moyennant une indemnité compensatoire pour les travaux effectués. (dans la monographie sur Hesse écrite par l'abbé Kuhn / 1872)

          Misères, calamités et ruines marquèrent cette époque, particulièrement dans la région sarrebourgeoise. Pour preuve la demande que firent les bourgeois de Sarrebourg, le 2 novembre 1464, pour réunir leur ville au duché de Lorraine : « ruinés par les misères de la guerre et de la dévastation du pays qui se sont renouvelés en différentes années et de diverses manières, les prévot conseil quarante hommes et toute la communauté de Kaufman-Sarburg décident (…) en considération des grandes pertes et des surcharges par dettes et lourdes obligations allant journellement s'aggravant (…) et dans l'espoir d'un meilleur avenir de livrer au duc Jean II de Lorraine leur ville pour être irrévocablement unie au duché de Lorraine » Jean II de Lorraine déclara le jour-même « annexer et recevoir en son duché la ville de Sarrebourg et ses habitants. » (Histoire de Sarrebourg-Le Moigne)


1483 - L'abbaye de Hesse devient un prieuré augustinien
Après dix huit années de quasi abandon, en 1483, des moines réguliers de Saint Augustin s'installèrent à l'abbaye de Hesse qui devint prieuré régulier. « L'évêque de Metz Georges de Bade s'entendit à cet effet avec les voués et protecteurs du monastère, Hamman et Wecker de Linange-Réchicourt, dont les vues se trouvèrent être conformes à celles du prélat. » (dans la monographie sur Hesse écrite par l'abbé Kuhn / 1872)
        
L'acte de consentement des fondateurs, écrit en allemand, débute ainsi : « Wir Hamman und Wecker gebrüder Graven von Leyningen, Graven zu Tagssburg und Herren zu Rixingen ... », « Nous Hamman et Wecker, frères, comtes de Linange comtes de Dabo et seigneurs de Réchicourt ... ». Plus loin, on lit ce passage, ici en français traduit de l'allemand : « devront les saints hommes du couvent de Hesse vivre une vie ordonnée et conserver sa liberté, ses droits, ses privilèges au couvent (…) et respecter les règles et lois de leur ordre, ainsi que le service de Dieu jour et nuit (...) » (Archives de la Meurthe à Nancy)
         La maison religieuse de Hesse semble vivre dans la pauvreté, ainsi que le signalent quelques manuscrits déposés aux Archives de la Meurthe à Nancy :
- René II duc de Lorraine adresse en 1496 une lettre de sauvegarde dans laquelle il affirme prendre « sous sa protection le prieuré et couvent de Hesse »
- En 1504, la cure de Hesse est annexée au couvent : « ayant constaté l'insuffisance des revenus nécessaires pour remplir toutes les charges et pour subsister honorablement, le légat du Saint Siège consentit à annexer au couvent la cure du village de Hesse avec droit de patronage et les revenus qui en dépendaient. »
- En 1519, Antoine de Lorraine « donne au prieur et couvent de Hesse la moitié du ban de Berbille. » (sans doute le village de Barville)

       L'Europe ét
ait alors secouée par une série de révoltes paysannes qui atteignirent un point culminant en Allemagne avec la « Bauernkrieg », Guerre des Paysans ou Guerre des Rustauds, en 1525. C'était une époque où la classe paysanne bougeait, grognait, rechignait à payer de nouveaux impôts que lui imposaient les seigneurs, se révoltait lorsque ces mêmes seigneurs limitaient les anciens droits coutumiers par des règlements sur les forêts et les pâtures communales. Les paysans souabes rédigèrent et firent imprimer leur programme de réclamations en douze articles. Il y était question de revendications à la fois symboliques et matérielles : suppression des privilèges nobiliaires comme les droits de chasser, de pêcher, de lever taxes et corvées ; suppression de la dîme perçue par le clergé ; abolition du servage.
« Les révoltés s'attaquèrent avec une fureur particulière à l'Eglise. Monastères et églises furent partout pillés, prêtres et moines attaqués. Au lieu de conduire les hommes dans la voie de l'Evangile et de la vérité, l'Eglise avait, pensait-on, pressuré le peuple. Les monastères passaient pour des lieux de trahison et d'oppression. (…) Après quelques mois durant lesquels les paysans révoltés dominèrent la vie politique sur de vastes étendues de l'Allemagne occidentale et méridionale, ils furent finalement vaincus par les troupes des Princes au cours de l'été 1525, en plusieurs batailles. (…) Selon les calculs les plus récents, le nombre total de cette guerre dut dépasser les 70.000. » (Werner Rosener / Les paysans dans l'histoire de l'Europe)
         
Charles-Quint, empereur du Saint Empire germanique, demanda à son féal Antoine, duc de Lorraine, de mettre au pas ces hordes de paysans révoltés qui avaient gagné l'Alsace et la Lorraine, alors terres du Saint Empire. Pas moins de 16.000 paysans furent massacrés à Saverne par les troupes du duc de Lorraine et ses alliés. Le prieuré de Hesse ne fut certes pas épargné si l'on en croit Volcyr, l'historien du duc Antoine de Lorraine : « Thiebelt, fils de Hensel Mylner, prévot de Hégauwe, a esté à Sauwerne. Aussi esté à Hesse, Lixingen (Lixheim) et à Rentingen (Rinting) pillier lesdis monasteres. »
        
Les Augustiniens abandonnèrent le prieuré de Hesse entre 1539 et 1550, les bâtiments conventuels et l'église nécessitant probablement d'importants travaux.


1550 - L'abbaye de Hesse devient un prieuré séculier

C'est en 1550 que le comte Enguelhardt de Linange-Dabo remit l'administration du prieuré de Hesse « de sa pleine et entière volonté à la réquisition du prince Charles Cardinal de Lorraine évêque de Metz, au Sieur Jean Rugier, garde des sceaux dudit évêché ». Cette demande ne fut sans doute que pure courtoisie de la part du prélat messin, si l'on en croit l'abbé Kuhn qui écrit, dans sa monographie sur Hesse (1872) : « Les évêques de Metz avaient toujours regardé l'abbaye comme placée sous leur juridiction et se plaignaient amèrement que les seigneurs de Dabo se permissent de gérer les biens de Hesse depuis que les chanoines réguliers les avaient abandonnés. »
         
Ce même abbé Kuhn précise :  « Une vive dispute s'était élevée entre le comte Enguelhardt de Linange Dabo Hartembourg et le cardinal Charles de Lorraine évêque de Metz à propos du droit de vouerie du couvent de  Hesse. Le prélat prétendait qu'en abjurant la religion catholique pour embrasser le protestantisme, les comtes avaient renoncé à leurs droits primitifs de protection de l'antique monastère. Le comte Enguelhardt se récria contre cette prétention et en appela aux tribunaux. Les juges décidèrent en 1550 que la vouerie continuerait d'appartenir à la famille de Linange, et que l'évêque de Metz aurait le droit de haute inspection et l'administration intérieure du couvent. Le partage d'attribution, rendu indispensable par l'hérésie des patrons, fut compensé par l'obligation imposée à l'évêque de payer 100 thalers d'Empire aux comtes à l'installation de chaque nouveau prieur. »
(papiers personnels de l'abbé Kuhn / Archives de la Moselle à Metz)


          
Suivant les idées de Martin Luther, les comtes de Linange-Dabo s'étaient convertis à la religion réformée, ainsi que de nombreux princes allemands. A partir de la signature de la Paix d'Augsbourg en 1555, l'Empire germanique se trouva partagé entre les deux confessions, catholique et protestante, les princes recevant le droit d'imposer celle de leur choix à leurs sujets, suivant le principe cujus regio, ejus religio. Toutefois, bien qu'ayant adopté la religion protestante, les comtes de Linange-Dabo n'imposèrent pas leur religion à leurs sujets du comté de Dabo, lesquels demeurèrent catholiques en grande majorité.
         Lorsque le prieur commendataire Jean Rugier mourut, en 1566, les comtes de Linange-Dabo, qui avaient conservé le droit de patronage à Hesse, présentèrent à l'évêque de Metz Nicolas Perini. Celui-ci fut nommé prieur de Hesse.


1576 - Le prieuré de Hesse est rattaché à l'abbaye cistercienne de Haute-Seille
Pendant les guerres de religion qui se succédèrent de 1562 à 1598 en France, le monastère de Hesse fut ravagé par les nombreuses troupes qui traversèrent la région sarrebourgeoise, se rendant de France en Allemagne et vice-versa. Le prieur Nicolas Perini informa le pape de l'état désastreux dans lequel se trouvait le couvent dont il avait la charge. « Le prieuré eut cruellement à souffrir des violences protestantes et de déprédations de toute espèce, écrivait l'abbé Kuhn. Nicolas Perini, placé dans ces circonstances extrêmes, et désirant sauver d'une destruction trop certaine l'établissement dont la garde lui était confiée, crut de son devoir de s'adresser au chef de l'Eglise, et de le supplier d'opérer l'union et l'incorporation du prieuré avec l'abbaye de Haute Seille dont son frère Jean était abbé. » Jean Perini était alors abbé de l'abbaye cistercienne de Haute-Seille, située non loin de Hesse, près de Cirey-sur-Vezouze (Meurthe et Moselle).
       
Le pape Grégoire XIII prit la décision d' « unir, annexer et incorporer » le prieuré de Hesse à l'abbaye cistercienne de Haute-Seille La bulle papale est datée du 6 des calendes de juillet en l'année de l'Incarnation du Seigneur 1576. En voici de larges extraits :

« La supplique que nous a adressée ledit Nicolas est conçue en ces termes : Le prieuré et ses biens sont situés sur les frontières des hérétiques ou luthériens de la Germanie, et déjà ravagé à diverses reprises antérieurement par eux, il a été ruiné et spolié de tous les biens qui peuvent être transportés lors de leur dernière tentative pour envahir la France. La majeure partie des immeubles est occupée tant par lesdits hérétiques que par des seigneurs temporels et autres personnes puissantes du voisinage, qui oppriment de jour en jour davantage, et mettent en procès le prieuré et le prieur du lieu. Les biens restants sont exposés à pareil pillage, et le prieur ne peut résister longtemps aux spoliateurs étant donné leur puissance, et l'exiguïté des ressources du prieuré. D'où il résulte que le prieuré  est menacé de ruine totale si on ne l'unit pas au monastère de Haute-Seille, distant seulement de deux lieues, équivalant à 5 ou 6 milles d'Italie. Outre l'abbé Jean, ce monastère renferme 16 ou 17 moines profès (ayant fait profession) servant le Très-Haut sous l'observance régulière. Anciennement, il n'en renfermait que 7 ou 8.  La mense abbatiale n'y est pas séparée de la mense conventuelle. Situé dans les parties limitrophes de la Germanie, ayant pour voisins les habitants hérétiques du Rhin, il a été exposé à leurs incursions et a essuyé grands et nombreux dommages de leur part, aussi fût-il tombé dans la plus grande pauvreté et eût-il été ruiné entièrement par suite des guerres, invasions et autres charges graves et considérables, s'il n'y eut été –ié (mot illisible) par l'administration et gouvernement si vigilant, si zélé et si prudent de l'Abbé Jean. Nonobstant il ne saurait éviter longtemps le même sort si on ne lui unissait, annexait et incorporait le prieuré de Hesse.  On pourvoirait ainsi opportunément et fructueusement à l'état dudit prieuré, au recouvrement de ses biens usurpés, et à la conservation de ceux qui restent, en même temps que l'on améliorerait la situation du monastère de Haute-Seille en augmentant le nombre de ses religieux ainsi que ses ressources matérielles, pour la plus grande gloire de Dieu, l'affermissement de la milice sainte de l'Eglise et d'édification du peuple chrétien. Par cette mesure, on viendrait en aide tant au prieuré qu'au monastère qui tous deux tendent à ruine, on allègerait les grandes charges qui accablent l'Abbé Jean, car il continue activement à restaurer et à agrandir les bâtiments du monastère, à élever des constructions nouvelles, et à récupérer les biens distraits. Il aurait aussi plus de moyens et de facilités pour soutenir les procès qu'on lui intente, et résister aux efforts de ceux qui ne cherchent que la ruine du prieuré. Un autre avantage précieux est qu'en vertu de cette union, le prieuré et ses biens se trouveraient sous la garde et protection du noble Charles duc de Lorraine qui a déjà pris le monastère de Haute-Seille sous sa protection. De plus, le culte divin célébré habituellement dans l'église du prieuré, et tout ce qui y a rapport, pourrait être maintenu, et les sacrements être administrés par un vicaire capable, approuvé par l'ordinaire du lieu, aux villageois et autres personnes demeurant sur le territoire dudit prieuré, ainsi qu'aux ouvriers et manœuvres qui ont élevé quelques habitations dans les forêts environnantes, qu'ils ont coupées et défrichées. Pour tous ces motifs, et attendu d'ailleurs que les fruits, rentes et émoluments dudit prieuré et de ses annexes n'excèdent pas, d'après commune estimation, la valeur annuelle de 24 ducats d'or, argent d'Empire, Nous avons été très humblement supplié, tant par ledit Nicolas que par l'Abbé Jean, de daigner dans notre bénignité apostolique, unir, annexer et incorporer le prieuré de Hesse au monastère de Haute-Seille, et pourvoir opportunément à toutes autres choses ci-dessus représentées.
Nous donc, inclinant à ces supplications, (…), attendu la résignation dudit Nicolas faite spontanément en cour de Rome devant notaire public et témoins (…)
attendu aussi qu'en vertu des décrets du Concile du Latran, la collation est dévolue légitimement à notre siège (…) et que la disposition Nous est réservée,
Nous unissons le prieuré de Hesse avec toutes ses annexes, droits et appartenances, à la mense commune dudit monastère de Haute-Seille, autorisant ledit Jean, ou tout autre Abbé qui lui succèdera, et le couvent, à prendre possession corporellement, réellement et actuellement du prieuré et de ses annexes, droits et appartenances, de les conserver à perpétuité, de percevoir, lever, mettre en rentes, louer, démembrer, convertir en leur usage et utilité, comme aussi en l'usage et utilité du prieuré et du monastère leurs fruits, rentes, revenus, droits, obtentions et émoluments quelconques, de desservir ou faire desservir le prieuré et son église par tout prêtre séculier capable, approuvé par l'ordinaire du lieu, et dont la nomination ou la révocation est à l'entière disposition de l'Abbé du monastère, de pourvoir à toutes et chacunes charges qui incombent auxdits prieuré et église, avec l'agrément de l'autorité diocésaine ou toute autre, sans qu'il soit nécessaire de recourir à l'autorité apostolique (…)
Statuant que cette union, annexion et incorporation, et nos présentes lettres (…) ne pourront être attaquées ni révoquées, suspendues, restreintes, limitées, modifiées et qu'il ne pourra y être dérogé en quoi que ce soit par Nous, Nos successeurs les Pontifes romains (…)
que nos présentes lettres produiront et obtiendront tout leur effet, et qu'à l'avenir tous ceux que cela concerne ou concernera auront à observer inviolablement tout ce que dessus.
Nous voulons aussi que Jean ou tout autre Abbé ne puissent, à l'occasion des choses susdites, être molestés, troublés, inquiétés ou empêchés par n'importe quelle personne constituée en dignité (…)
Qu'il ne soit donc permis à quiconque d'enfreindre cet acte de notre union, annexion et incorporation, décret et volonté, ou d'oser s'élever témérairement à son encontre. Si quelqu'un avait la présomption de commettre tel attentat, qu'il sache qu'il encourra l'indignation du Dieu Tout-puissant et des bienheureux apôtres pierre et Paul.
Donné à Rome, près St Pierre, l'année de l'Incarnation du Seigneur 1576, le 6 des calendes de juillet, la 8e année de Notre pontificat. »

(Traduction du
texte latin /abbé Kuhn / Monographie sur Hesse / 1872)


          Les abbés qui se succédèrent à l'abbaye de Haute-Seille devinrent les uns après les autres seigneurs de la Terre de Hesse et de la communauté villageoise, disposant de tous les droits seigneuriaux, dont ceux de justice. Cet état de fait perdurera jusqu'en 1789.

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